La Coupo Santo
Trois couplets créent immédiatement un univers provençal ; cinq animent spirituellement un banquet ; les sept couplets de ce chant sacré, enfin, confèrent à toute réunion la justesse et la perfection provençale. Attention, l'exécution de la Coupo Santo ne s'applaudit jamais !











Refrain |
Coupo Santo, E versanto, Vuejo a plen bord, Vuejo abord Lis estrambord Et l'enavans di fort ! |
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Coupe Sainte, Et débordante Verse à plein bord, Verse sans retenue Les "estrambords" (*) Et la volonté des forts ! |
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Prouvençau,
veici La Coupo
Que nous vèns di Catalan A-de-rèng, beguen en troupo Lou vin pur de noste plant !
D'un vièi pople fier et libre Sian bessai, la finicioun, E, se toumbon li Felibre Toumboura nosto nacioun.
D'uno raço que regreio, Sian bessai li proumié gréu Sian bessai di la patrio Li cepoun emai li priéu.
Vuejo nous lis esprenço E li raive dou jouvènt D'ou passat la remembranço E la fe dins l'an que vèn.
Vuejo-nous la couneissènço Dou Verai emai dou Bèu E lis àuto jouissènço Que se trufon dou toumbèu.
Vuejo-nous la Pouësio Père canta tout ço qui viéu Car es elo l'ambrousio Que tremudo l'ome en Diéu
Par la glori dou terraire Vatre enfin que sias counsènt Catalan, de liuen, o fraire, Coumunien toutis ensèn !
Paroles de Frédéric Mistral, Maître de Maillanne. |
Provençaux, voici la Coupe Qui nous vient des Catalans : Tour à tour, buvons ensemble Le vin pur de notre cru !
D'un ancien peuple fier et libre Nous sommes peut-être la fin Et si les félibres tombent Tombera notre Nation.
D'une race qui regerme Peut-être sommes-nous les premiers jets De la patrie, peut-être, nous sommes Les piliers et les chefs.
Verse-nous les espérances Et les rêves de la jeunesse Le souvenir du passé Et la foi dans l'an qui vient.
Verse-nous la connaissance Du Vrai comme du Beau Et les hautes jouissances Qui se rient de la tombe..
Verse-nous la Poésie Pour chanter tout ce qui vit, Car c'est elle l'ambroisie Qui transforme l'homme en Dieu.
Pour la gloire du pays Vous autres, enfin, nos complices, Catalans, de loin, ô frères, Tous ensemble, communions !
Traduction de Frédéric Mistral, |